François Pupponi | Maire de Sarcelles (1997-2017) | Une ville modèle à l'épreuve
Dans cet entretien vidéo exclusif, François Pupponi développe son analyse de l’histoire de Sarcelles et de la politique de la ville à partir de son expérience d’élu local et national. Il revient d’abord sur la naissance de Sarcelles à la fin des années 1950, lorsque la Caisse des dépôts confie à Jacques Henri-Labourdette la réalisation d’un grand ensemble pensé comme une « ville modèle ». Il tend ensuite à expliquer les logiques ayant précédé au basculement progressif d’un modèle de mixité vers ce qu’il décrit comme une forme de « ghettoïsation ». Revenant sur la situation de Sarcelles en 1995, il expose alors les objectifs poursuivis lorsqu'il en fut maire : rétablir les comptes, rénover les écoles et tenter de maîtriser les attributions de logements.
Cette vidéo est l'extrait d'un témoignage collecté dans le cadre d'une campagne d'archives orales initiée en 2015 par l'ANCT et CANOPE. Pour obtenir la vidéo source, merci de remplir le formulaire suivant : https://forms.gle/WeEe25DASvSDWxLw7
RÉSUMÉ
Dans cet entretien vidéo exclusif accordé à Michel Didier en 2015, François Pupponi développe son analyse de l’histoire de Sarcelles et de la politique de la ville à partir de son expérience d’élu local et national. Il revient d’abord sur la naissance de Sarcelles à la fin des années 1950, lorsque la Caisse des dépôts confie à Jacques Henri-Labourdette la réalisation d’un grand ensemble pensé comme une « ville modèle ». Il évoque ensuite l’arrivée de populations venues d’Afrique du Nord, parmi lesquelles des communautés juive et pieds-noirs. François Pupponi explique longuement comment la crise économique, la réforme des aides au logement et les politiques de réhabilitation ont favorisé le départ des classes moyennes et la concentration des populations les plus fragiles. Il décrit ainsi le basculement progressif d’un modèle de mixité vers ce qu’il décrit comme une forme de « ghettoïsation ». Revenant sur la situation de Sarcelles en 1995, il expose alors les objectifs poursuivis lorsqu'il en fut maire : rétablir les comptes, rénover les écoles et tenter de maîtriser les attributions de logements. En conclusion, il défend une conception globale de la politique de la ville, articulant rénovation urbaine, accompagnement social, participation des habitants et solidarité financière entre collectivités, à travers les GPV, l’ANRU, la loi Lamy et la péréquation.
QUI EST FRANÇOIS PUPPONI ?
Né à Nantua (Ain) le 31 juillet 1962, François Pupponi est un homme politique français, qui a d’abord exercé le métier d’inspecteur des impôts (il sera nommé directeur divisionnaire des impôts en 2003).
Engagé au Parti socialiste (PS), il entre au conseil municipal de Sarcelles suite aux élections de juin 1995 comme premier adjoint du nouveau maire Dominique Strauss-Kahn. Il lui succède en juin 1997 lorsque ce dernier devient ministre de l’Économie, des finances et de l’industrie du gouvernement Jospin. François Pupponi sera réélu maire de Sarcelles aux élections municipales de 2001, 2008 et 2014, mais sera battu lors du second tour des élections de juin 2020. Comme maire, il met notamment en place le plan de rénovation urbaine du Grand Ensemble. Il devient vice-président de l’Association des maires Ville et Banlieue de France et sera également membre du Conseil national des Villes.
Par ailleurs, il sera élu conseiller général du canton Sarcelles Nord Est en 1998, mais quittera l'assemblée départementale du Val d’Oise en 2008, en raison du cumul de plusieurs mandats. Pour la même raison, il quittera son mandat de maire de Sarcelles en août 2017.
Investi par le PS, il succède à Dominique Strauss-Kahn comme député de la 8ème circonscription du Val d’Oise en décembre 2007, suite à la nomination de celui-ci comme directeur général du FMI. Il sera réélu en 2012 et 2017. En 2018, il quitte le PS et siège ensuite au sein du groupe indépendant Libertés et Territoires avant de rejoindre le groupe centriste Modem et apparentés. Suite à sa défaite aux élections législatives de juin 2022, il n’a plus de mandat électif.
Comme parlementaire, il est co-auteur en 2010, avec François Goulard, d’un rapport d’information sur les politiques en direction des quartiers défavorisés (« Quartiers défavorisés ou ghettos inavoués, la République impuissante »). Spécialiste des questions de péréquation financière, il remet en juin 2013 un rapport au ministre de la Ville proposant l’instauration d’une dotation « politique de la ville ». Avec le sénateur Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, il est co-rapporteur de la Loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine (dite loi Lamy) votée en février 2014. En novembre 2014, il est nommé président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) succédant à Michel Delebarre. Il le restera jusqu’en juillet 2017.
Antoine Loubière et Hugo Santi
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