Fadela Benrabia | Préfète déléguée à l’égalité des chances de Seine Saint-Denis (2016-2019)

Dans cet entretien vidéo accordé à Luc Faraldi et Michel Didier en 2020, Fadela Benrabia revient sur les débuts de son parcours, et en particulier sur sa rencontre décisive avec les Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active (CEMEA). Elle témoigne ensuite de son expérience de Préfète déléguée à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, de 2016 à 2019. Elle défend une approche de terrain de la politique de la ville, en insistant sur l’importance des associations de quartier, dont elle interroge l’absence des cercles de décision. Elle prône l’idée que la transformation des quartiers populaires ne peut passer que par un travail de fond, à hauteur d’habitants, loin des effets d’annonce. Enfin, elle rappelle l’importance de résorber les fractures territoriales, malgré la difficulté d’articuler politiques spécifiques et promesses d’universalité.

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Cette vidéo est l'extrait d'un témoignage collecté dans le cadre d'une campagne d'archives orales initiée en 2016 par l'ANCT et CANOPE, sous la direction éditoriale de Michel Didier. Pour obtenir la vidéo source, merci de remplir le formulaire suivant : https://forms.gle/g4cgK8UJD4TjkXJh7

DESCRIPTION

Dans cet entretien vidéo accordé à Luc Faraldi et Michel Didier en 2020, Fadela Benrabia revient sur les débuts de son parcours, et en particulier sur sa rencontre décisive avec les Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active (CEMEA). Elle témoigne ensuite de son expérience de Préfète déléguée à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis, de 2016 à 2019. Elle défend une approche de terrain de la politique de la ville, en insistant sur l’importance des associations de quartier, dont elle interroge l’absence des cercles de décision. Elle prône l’idée que la transformation des quartiers populaires ne peut passer que par un travail de fond, à hauteur d’habitants, loin des effets d’annonce. Enfin, elle rappelle l’importance de résorber les fractures territoriales, malgré la difficulté d’articuler politiques spécifiques et promesses d’universalité.

QUI EST FADELA BENRABIA ?

Titulaire d’une maîtrise en sociologie du travail et des organisations, Fadela Benrabia entre dans la vie active en 1984 comme animatrice socioculturelle dans plusieurs villes de la région parisienne – Argenteuil, Pontoise, Saint-Denis, Montreuil, Gennevilliers, Colombes et Nanterre.  

Mais c’est au contact des Centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active (CEMEA) qu’elle découvre une vocation. D’abord stagiaire dans un programme de formation au BAFA, elle y vit une expérience fondatrice : un lieu de brassage, d’écoute, de respect, où elle se sent pleinement reconnue pour ce qu’elle est.  « Ce stage m’a révélée », dit-elle. Elle passe le Diplôme d’État relatif aux Fonctions d'Animation (DEFA), s’investit dans la formation et intègre durablement la structure à partir de 1987, d’abord en CDD, puis en CDI, pour y conduire des missions d’insertion professionnelle. Cinq ans plus tard, elle entre au Fonds d'action sociale pour les immigrés et leurs familles (FAS), comme chargée de mission.  

Sa carrière prend une autre dimension en 2001, lorsqu'elle est nommée directrice régionale du FASILD (Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations) dans la région Nord–Pas-de-Calais, puis en 2006, directrice régionale de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (ACSE). En 2010, elle devient directrice régionale adjointe de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale dans cette même région, avec une délégation de l’ACSE. Elle est ensuite appelée à Paris comme conseillère du ministre de l’Intérieur, puis du Premier ministre, Manuel Valls, en charge des questions d’intégration, d’asile et de citoyenneté. Mais malgré cette expérience nationale, elle reste profondément attachée au terrain. 

En 2016, elle devient ainsi préfète déléguée à l’égalité des chances en Seine-Saint-Denis.  Dans ses fonctions, elle défend une conception exigeante de la politique de la ville : « Ce ne sont pas les dispositifs qui changent la vie, mais la manière dont on les met en œuvre, dont on écoute, dont on rend compte. » Elle œuvre notamment pour que la parole habitante soit prise au sérieux, loin des jargons technocratiques, et s’engage fortement dans la mise en place des conseils citoyens, qu’elle installe dans chacun des quartiers politique de la ville de Seine-Saint-Denis. Elle est titularisée préfète le 13 avril 2017, et nommée préfète d’Eure-et-Loir le 18 novembre 2019

Hugo Santi

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