La france au miroir des banlieues
Le comité d'histoire de la politique de la ville vous invite aux rendez-vous de l'histoire de Blois pour une table ronde exceptionnelle en partenariat avec la Caisse des dépôts et Consignations. Rendez-vous le jeudi 9 octobre 2025 à partir de 16H15 au Chateau Royal de Blois.

Intervenants
- Catherine Arenou, Maire de Chanteloup-les-Vignes, Vice-Présidente de l'association des Maires Ville et Banlieue de France
- Elizabeth Auclair, Maitresse de conférence émérite en aménagement, Laboratoire PLACES (Cergy Paris Université)
- Annie Fourcaut, Professeur émérite d'histoire contemporaine, Paris 1 Panthéon Sorbonne
- Amandine Romanet, Architecte, Chargée de mission de l'Association pour l'Etude de l'Histoire de la Politique de la Ville, membre du Conseil scientifique du Comité d'histoire de la politique de la ville
Une table ronde animée par Antoine Loubière, journaliste, membre du bureau de l'Association pour l'Etude de l'Histoire de la Politique de la Ville.
Résumé et enjeux
Depuis plus d’un siècle, par leur diversité, leur vitalité et leurs mutations non exemptes de tensions fortes, les banlieues ont apporté de multiples contributions à la constitution de l’identité française. La période mise ici en perspective mettra surtout l’accent sur le passage des représentations de la banlieue industrielle voulue comme intégratrice des Trente glorieuses à la banlieue du mélange, creuset de nouvelles cultures urbaines ayant participé au renouvellement des identités françaises.
Il s’agira en particulier de s’interroger sur le rôle, dans les années 1980-1990, des dispositifs d’action publique dans ce basculement des représentations, notamment via la Commission nationale de développement social des quartiers, la mission Banlieues 89 et la Délégation interministérielle à la Ville.
Dans les années 1980, les mutations économiques et sociales des banlieues s’accompagnent de leur transformation en question politique et culturelle à part entière notamment avec l’émergence d’une seconde génération issue de l’immigration. La reprise de la chanson Douce France de Charles Trenet par Rachid Taha (1958-2018) et son groupe Carte de séjour est symbolique de cette période, où les représentations basculent. Une extraordinaire créativité culturelle et artistique se déploie à partir des cités banlieusardes engendrant de nouvelles cultures urbaines : rap et breakdance, graffiti et street art, modes vestimentaires et langagières... De leur côté, la littérature, le cinéma et la BD s’emparent aussi de la banlieue comme thème d’inspiration.
Les premières émeutes urbaines de la fin des années 1970 et surtout de l’été 1981 ont conduit à l’invention de la politique de développement social des quartiers (DSQ). Puis la mission Banlieues 89 a engendré une dynamique novatrice, autour du retournement du stigmate de la banlieue triste et sans âme en un territoire de créativité urbaine et d’invention culturelle. En parallèle, la Marche pour l’égalité et contre le racisme de l’automne 1983 a traduit une affirmation politique des jeunes issus de l’immigration.
L’objectif de cette table ronde organisée par le Comité d’histoire de la politique de la ville est de réfléchir à la manière dont les pouvoirs publics nationaux et locaux ont répondu à la crise des quartiers et banlieues populaires hérités de la longue histoire industrielle de la France. La période proposée ici met certes l’accent sur les années 1980 mais interroge le thème plus vaste du rôle des banlieues dans la fabrication de l’identité de la France contemporaine.
La présentation des travaux menés dans le cadre du Comité d’histoire, notamment sur le moment Banlieues 89, sera également l’occasion de réfléchir à l’évolution des politiques culturelles et architecturales dans les années 1980. Se juxtaposent les Grands Chantiers du président François Mitterrand globalement concentrés dans Paris et la multiplication des petites opérations urbaines en banlieue, offrant ainsi de nouvelles compositions urbaines à la France. Ceci, avant le lancement dans les années 1990 de projets plus ambitieux comme le Stade de France, élément catalyseur de la mutation de la Plaine-Saint-Denis, ou, dans les
années 2000, la transformation des terrains Renault et de l’île Seguin à Boulogne-Billancourt.
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